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SUGGESTION DE
LECTURE :
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Publiée dans la revue
« Le Dégourdi »
Automne 2004 

Le dégourdi

Les ados parlent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publication

La communication et votre adolescent

Hé oui! Il est possible d'avoir un adolescent qui reste à table avec nous après un repas, simplement pour discuter et sans qu'on le lui ordonne.
Comment ? Et bien tout simplement en établissant un rapport de communication avec lui. La communication et votre adolescentC'est simple et pas compliqué, et croyez-moi il ne demande que cela. Mais attention il faut d'abord établir un climat de confiance.
Et vous passerez beaucoup plus de messages que vous ne l'auriez cru possible. Pour mettre votre adolescent en confiance, il faut avant tout normaliser ce qu'il dit et exprime. Vous n'en mettrez jamais assez. Souvent les parents ont peur d'être perdant en normalisant trop. Vous ne serez jamais perdant. (Même si parfois vos valeurs en seront quelque peu ébranlées).

Mais il vous faut garder une porte de sortie, pour y faire passer votre point de vue. Par exemple: (C'est normal beaucoup de jeunes se sentent comme cela.) Ne pas dire; (tous les jeunes se sentent comme cela.) Mais plutôt remplacer le tous par beaucoup. Cela vous donne une porte de sortie pour transmettre vos conseils. Parlez-lui de votre propre adolescence, dites-lui que pour vous aussi c'était pareil (mais jamais mieux). Votre adolescent a énormément besoin de se sentir normal face à vous. 

Comment valider ses opinions, avant de faire une demande de changement ? Et bien je vous présente deux approches pour une même situation, que j'ai essayées avec mon fils.

D'abord la première qui n'a pas fonctionné (sans normalisation). Par contre, la deuxième approche a très bien fonctionné. Parce que tous les éléments d'une bonne communication y étaient.

Les voici :

Vous savez que les jeunes d'aujourd'hui aiment avoir les cheveux longs. Et parfois quand ça fait très longtemps que des ciseaux n'ont pas fait de travail de nettoyage et bien ça ne parait pas très propre.
Voyons maintenant deux approches pour une même situation.

1ière approche :

Mère : **Tu devrais te faire couper les cheveux juste un petit peu . Pour enlever les pointes fourchues. C'est pas très propre comme cela.* *
Ado : **Moi je les aime comme cela.**
Mère : **Mais, tu sais ce serais vraiment mieux si tu les coupais un peu.**
Ado : **Ne m'achale plus, j'ai des amis qui ont les cheveux bien plus longs que les miens.**
  Fin de la communication.


2ième approche : (Quelques semaines plus tard, avec normalisation)

Mère : **Tu sais quand nous avions ton àge ton père et moi, c'était l'époque oû les ados portaient les cheveux aussi longs que les tiens aujourd'hui. Drôle de coïncidence n'est-ce pas? Et nos parents n'aimaient vraiment pas cela. Là, il y en a eu de la guerre tu sais, c'était la première fois que les jeunes se laissaient pousser les cheveux comme cela. J'ai même entendu dire que des parents ont coupé les cheveux de leur jeune, pendant son sommeil.**
Ado : **Ça se peut pas.**
Mère : **Ha oui! Quelle époque! C'était de gros changements pour cette époque. Tu sais, ça te va bien tes cheveux longs. ça me rappelle mon adolescence. Et ça fait changement des cheveux courts.**
Ado : **Ha! Oui?**
Mère : **En touchant sa frange sur le front; Ha! Oui! ça te va vraiment bien. Tu ressembles à ton père, et ça me rappelle mon frère. Mais tu sais, je pourrais te couper juste un petit peu ces pointes fourchues ici. Tu vois juste un peu. Et tes cheveux tomberaient moins.** 
Ado : **Ok. Oui si tu veux. **
Mère : **Tout de suite si tu veux?**
Ado : **Ok. Mais vraiment pas trop, fait attention.**
Mère : **Promis.**
  Et pendant que je lui coupais un peu les cheveux. On s'est raconté toute sorte de choses. Vous voyez comme ça n'a pas été compliqué, ça demande juste un peu plus de temps. Mais c'est combien plus agréable.

Il ne faut pas revendiquer ce que l'on attend de lui sans avoir d'abord préparé le terrain. S'il sent que vous faites et pensez toujours mieux que lui, il n'y a plus aucune communication possible. Car il ne pense plus qu'à se défendre. Et l'affrontement s'en suit. Il protège ses émotions, et c'est normal. 

C'est à force de lui raconter votre vie (les bons et les mauvais coups) qu'il va avoir envie d'en faire autant avec vous. Il faut juste ne pas avoir peur de lui dire que vous aussi vous n'étiez pas parfait, et que finalement vous ne l'êtes toujours pas. 

Vous pouvez essayer cette approche avec toutes les personnes de votre entourage; amis, conjoint, parents, frères, soeurs ou collégues de travail et ce n'est pas compliqué: 

Communiquer, approche1. Normaliser
Par exemple: *Ha oui ça doit pas toujours être facile. Tu as quand même fait une bonne chose, j'aurais difficilement fait mieux.*

2. Dire (sans prétention) ce que l'on pense. Par exemple: *Peut-être que si tu essayais telle chose... Mon frère a déjà...*

Ce n'est pas compliqué. Il faut un peu de détachement émotif avec votre adolescent. Après tout il est presque un adulte.

Selon Guy Corneau, psychanalyste et auteur de L'amour en guerre. *Les parents doivent laisser leurs enfants poursuivre leur route vers l'autonomie dès qu'ils ont atteint l'âge de 14 ans.*

Pour communiquer vraiment, il faut s'ouvrir à la réalité de l'autre en prenant un peu de distance par rapport à soi-même.   

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