La
communication et votre adolescent
Hé oui! Il est possible
d'avoir un adolescent qui reste à
table avec nous après un repas,
simplement pour discuter et sans qu'on le lui
ordonne.
Comment ? Et bien tout
simplement en établissant un rapport
de communication avec lui. C'est
simple et pas compliqué, et croyez-moi
il ne demande que cela. Mais attention
il faut d'abord établir un climat
de confiance.
Et vous passerez beaucoup plus de messages
que vous ne l'auriez cru possible. Pour
mettre votre adolescent en confiance,
il faut avant tout normaliser ce qu'il
dit et exprime. Vous n'en mettrez jamais
assez. Souvent les parents ont peur d'être
perdant en normalisant trop. Vous ne serez
jamais perdant. (Même si parfois
vos valeurs en seront quelque peu ébranlées).
Mais il vous faut garder une
porte de sortie, pour y faire passer votre
point de vue. Par exemple: (C'est normal
beaucoup de jeunes se sentent comme cela.)
Ne pas dire; (tous les jeunes se sentent
comme cela.) Mais plutôt remplacer
le tous par beaucoup.
Cela vous donne une porte de sortie pour
transmettre vos conseils. Parlez-lui de
votre propre adolescence, dites-lui que
pour vous aussi c'était pareil
(mais jamais mieux). Votre adolescent
a énormément besoin de se
sentir normal face à vous.
Comment valider ses opinions,
avant de faire une demande de changement
? Et bien je vous présente deux
approches pour une même situation,
que j'ai essayées avec mon fils.
D'abord la première
qui n'a pas fonctionné (sans normalisation).
Par contre, la deuxième approche
a très bien fonctionné.
Parce que tous les éléments
d'une bonne communication y étaient.
Vous savez que les jeunes
d'aujourd'hui aiment avoir les cheveux
longs. Et parfois quand ça fait
très longtemps que des ciseaux
n'ont pas fait de travail de nettoyage
et bien ça ne parait pas très
propre.
Voyons maintenant
deux approches pour une même situation.
1ière
approche :
| Mère
: |
**Tu
devrais te faire couper les cheveux
juste un petit peu . Pour enlever
les pointes fourchues. C'est pas très
propre comme cela.* * |
| Ado
: |
**Moi
je les aime comme cela.** |
| Mère
: |
**Mais,
tu sais ce serais vraiment mieux si
tu les coupais un peu.** |
| Ado
: |
**Ne
m'achale plus, j'ai des amis qui ont
les cheveux bien plus longs que les
miens.** |
| |
Fin
de la communication. |

2ième
approche : (Quelques
semaines plus tard, avec normalisation)
| Mère
: |
**Tu
sais quand nous avions ton àge
ton père et moi, c'était
l'époque oû les ados
portaient les cheveux aussi longs
que les tiens aujourd'hui. Drôle
de coïncidence n'est-ce pas?
Et nos parents n'aimaient vraiment
pas cela. Là, il y en a eu
de la guerre tu sais, c'était
la première fois que les jeunes
se laissaient pousser les cheveux
comme cela. J'ai même entendu
dire que des parents ont coupé
les cheveux de leur jeune, pendant
son sommeil.** |
| Ado
: |
**Ça
se peut pas.** |
| Mère
: |
**Ha
oui! Quelle époque! C'était
de gros changements pour cette époque.
Tu sais, ça te va bien tes
cheveux longs. ça me rappelle
mon adolescence. Et ça fait
changement des cheveux courts.** |
| Ado
: |
**Ha!
Oui?** |
| Mère
: |
**En touchant sa frange sur le front; Ha!
Oui! ça te va vraiment bien.
Tu ressembles à ton père,
et ça me rappelle mon frère.
Mais tu sais, je pourrais te couper
juste un petit peu ces pointes fourchues
ici. Tu vois juste un peu. Et tes
cheveux tomberaient moins.** |
| Ado
: |
**Ok.
Oui si tu veux. ** |
| Mère
: |
**Tout
de suite si tu veux?** |
| Ado
: |
**Ok.
Mais vraiment pas trop, fait attention.** |
| Mère
: |
**Promis.** |
| |
Et
pendant que je lui coupais un peu
les cheveux. On s'est raconté
toute sorte de choses. Vous voyez
comme ça n'a pas été
compliqué, ça demande
juste un peu plus de temps. Mais c'est
combien plus agréable. |

Il ne faut pas revendiquer
ce que l'on attend de lui sans avoir d'abord
préparé le terrain. S'il
sent que vous faites et pensez toujours
mieux que lui, il n'y a plus aucune communication
possible. Car il ne pense plus qu'à
se défendre. Et l'affrontement
s'en suit. Il protège ses émotions,
et c'est normal.
C'est à force de lui
raconter votre vie (les bons et les mauvais
coups) qu'il va avoir envie d'en faire
autant avec vous. Il faut juste ne pas
avoir peur de lui dire que vous aussi
vous n'étiez pas parfait, et que
finalement vous ne l'êtes toujours
pas.
Vous pouvez essayer cette
approche avec toutes les personnes de
votre entourage; amis, conjoint, parents,
frères, soeurs ou collégues
de travail et ce n'est pas compliqué:
1.
Normaliser
Par exemple: *Ha oui ça
doit pas toujours être facile. Tu
as quand même fait une bonne chose,
j'aurais difficilement fait mieux.*
2. Dire (sans
prétention) ce que l'on pense.
Par exemple: *Peut-être que si tu
essayais telle chose... Mon frère
a déjà...*
Ce n'est pas compliqué.
Il faut un peu de détachement émotif
avec votre adolescent. Après tout
il est presque un adulte.
Selon Guy Corneau,
psychanalyste et auteur de L'amour
en guerre. *Les parents doivent laisser
leurs enfants poursuivre leur route vers
l'autonomie dès qu'ils ont atteint
l'âge de 14 ans.*
Pour
communiquer vraiment, il faut s'ouvrir
à la réalité de l'autre
en prenant un peu de distance par rapport
à soi-même. |